Research report

Prévention de l’extrémisme violent en lien avec l’islam. : Stratégie pour la Suisse

BHT

  • 2022
French Depuis les attentats sanglants de 2015 ayant durement affecté la France, les pays d’Europe occidentale se tiennent dans un état d’alerte en redoutant l’éclatement de nouvelles attaques terroristes. Alors, dans divers pays, les institutions publiques et les organisations de la société civile ont cherché à mettre en place différents dispositifs pour contrer le risque terroriste - la plupart du temps implicitement lié à des groupes qui se revendiquent de l’islam – couvrant tant des politiques sécuritaires que des projets de prévention ou de médiation. On a également parlé de « déradicalisation » ou de « désendoctrinement » pour envisager des mesures de traitement destinés à des jeunes d’Europe déjà influencés par les idéologies des groupes terroristes « djihadistes ». Quelques années plus tard, force est de constater que le risque d’attentat semble toujours élevé, et des exactions sont régulièrement commises en Europe au nom des mêmes idéologies. Malgré les moyens financiers et humains considérables mis en œuvre par les Etats, le risque semble toujours aussi incontrôlable et présent. Au niveau académique, la profusion d’analyses et d’études sur la question terroriste et « djihadiste » contemporaine est affectée par ses voix dissonantes et ses thèses antagonistes, qui opposent plusieurs groupes de chercheurs pourtant réputés et qualifiés. Par ailleurs, le débat sur la question « djihadiste » et terroriste déborde sur la question de l’islam en Europe. Les deux « phénomènes » sont alors souvent associés, et certaines politiques publiques, notamment en France, prétendent traiter conjointement la problématique du terrorisme et celle de l’islamisme ou de l’« extrémisme » religieux musulman, qui se retrouvent hasardeusement de plus en plus souvent associés au risque d’une dangereuse confusion dans les registres et les p priorités. En Suisse, divers rapports ont été récemment publiés sur la problématique de l’extrémisme violent (Vidino, 2013 ; Réseau national de sécurité, 2017, El Chazli et al., 2019 ; Bichsel, 2020 ; Eser Davolio, 2019), ainsi que sur d’autres thématiques concernant les communautés musulmanes du pays et indirectement la question de la « radicalisation » (Commission fédérale contre le racisme, 2017 ; Confédération suisse, 2021). Au-delà de leur intérêt certain, ces documents manquent souvent d’enquêtes qualitatives sur le terrain en raison de leur perspective macrosociologique, au risque de rendre leurs recommandations très générales et peu détaillées (Réseau national de sécurité, 2017). En France, on trouve une plus large profusion d’études portant spécifiquement sur le "djihadisme" (Marlière, 2021 ; Hussein, 2019 ; Bouzar, 2014 ; Bouzar & Martin, 2016), ou sur des thématiques relatives au phénomène (par exemple Khosrokhavar, 2019 ; Rougier, 2020b), mais le contexte sociopolitique diffère et chaque recherche se concentre sur un angle d’approche particulier. En réponse à ces limites, ce « papier stratégique » propose à la fois une analyse qualitative poussée des causes de l’extrémisme violent en Suisse et des éléments de réponse à cette situation actuelle délicate, en développant ainsi une réflexion à la fois sur les facteurs de risque et les solutions envisageables. Enfin, ce document proposera certaines recommandations à mettre en œuvre par les institutions publiques, la société civile et les organisations religieuses.
Faculty
Rectorat
Department
Centre Suisse Islam et Société
Language
  • French
Classification
Religion, theology
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