Doctoral thesis

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Rapport à "la langue et culture italiennes" chez de jeunes adultes issus de familles du Mezzogiorno immigrées en Vaud et en Savoie dans les années 50/60 : quels processus de transmission au croisement de la sphère privée et publique ?

SPR

  • Fribourg, Suisse, 2021

1 ressource en ligne (858 pages) ; 1 fichier pdf

Thèse: Université de Fribourg (Suisse), Université de Rennes 2 (France), 2021

French Notre problématique, inscrite au coeur des processus migratoires italiens, interroge le rapport vis-à-vis de la « langue et culture italiennes » chez les descendants de familles venant du Mezzogiorno, immigrées dans les années 50/60 en Vaud et en Savoie, soit chez de jeunes adultes de troisième génération, nés dans ces pays respectifs entre 1982 et 1998. Les raisons du choix du sujet sont inspirées d’un double constat que j’ai fait en tant qu’enseignante détachée par le MAE italien dans une LCO en Vaud et en tant qu’enfant appartenant à cette migration en Savoie : l’observation directe comportements différents entre les jeunes de la G3 en Vaud et leurs pairs
en Savoie vis-à-vis de la « langue et culture d’origine » de leurs grands-parents (G1). En Vaud, nos élèves suisses possédaient des compétences en italien apparemment plus développées par rapport à leurs pairs en Savoie et revendiquaient leur « appartenance » italienne alors que leurs pairs français en Savoie semblaient en être totalement détachés. Nous nous sommes donc questionnée sur les raisons qui présidaient à ces différences, en investiguant celles du « dedans » ou internes à la sphère privée (famille, parentèle, cercles d’amis, etc.) et sur celles du « dehors » ou externes à la sphère privée, soit au sein des institutions publiques (administrations, écoles, médias, etc.), des organisations semi-publiques ou semi-privées (Mission catholique, associations, église,
clubs etc.) qui ont pu jouer un rôle et influencer les comportements de ces jeunes de la G3 en Vaud et en Savoie. Pour tenter d’y répondre, nous avons rappelé les grands jalons politiques, économiques, sociaux, brossé un tableau de l’évolution des politiques éducatives et linguistiques, sans oublier la dimension religieuse, en Italie, en France et en Suisse, de l’après-guerre à aujourd’hui, en lien avec les enjeux migratoires. Nous
avons pointé les étapes décisives des politiques et des mesures adoptées pour les immigrés dans le pays de départ et celui d’arrivée, puis procédé à une analyse comparative des politiques éducatives et des dispositifs conçus pour les Cours de langue et culture italiennes entre les deux terrains d’étude choisis (Nyon et Chambéry).
Puis nous avons construit le cadre théorique en nous appuyant sur les concepts-clés pertinents pour notre problématique en les sélectionnant et les empruntant aux champs de la socio-ethnolinguistique et de la socio-anthropologie des migrations et des pratiques, sous-tendant notre démarche qualitative interprétative dans une perspective comparative entre les deux contextes. Nous avons interrogé les différents acteurs qui ont participé à l’histoire et y participent encore de ces familles immigrées ou issues des migrations des années 50/60, selon une perspective comparative entre les témoignages des acteurs dans chacune des régions puis entre les deux pays :
- en commençant par des entretiens semi-directifs avec les co-acteurs, soit les directeurs qui ont accueilli des LCOS/ELCOS dans leur établissement, les directrice, responsables de la coordination des cours, au sein des consulats italiens, les représentants de la Mission catholique et les présidents des associations culturelles et récréatives italiennes ;
- en continuant par des entretiens biographiques avec les acteurs de l’immigration de la G1 puis ceux issus de la migration, soit leurs descendants appartenant à la G2 et à la G3 ;
- en terminant par le film des intérieurs ou des extérieurs des habitats de nos témoins, croisé avec des questions posées aux acteurs des trois générations, révélant les biens matériels et immatériels (objets-souvenirs) en lien avec l’Italie, qui constituera notre Contre-point.
A travers l’analyse de ces témoignages (28 au total), nous avons tenté de typifier les représentations de la langue et culture italiennes, les valeurs circulantes (normes, croyance, préjugés, etc.) sur l’Italie et le pays d’immigration (Suisse et France) dans les familles, les institutions, les LCO/ELCO, les associations italiennes, etc., d’identifier les pratiques et stratégies familiales (linguistiques, culturelles), les pratiques
associatives, confessionnelles, etc. afin d’appréhender les modes de transmission (implicites, explicites) de la « langue et culture » du pays d’origine de la G1 à la G2 et à la G3, au sein des sphères privées, publiques, semi-publiques et, ou semi-privées.
Dans notre synthèse finale comparative, à partir de ces analyses mises en perspective entre les acteurs et entre les deux régions, nous avons tenté de dégager les dimensions externes et, ou internes qui ont pu jouer un rôle sur ces modalités de transmission (ou non) au sein des familles et des communautés italiennes et en quoi ces divers paramètres combinés ont pu avoir un impact sur le rapport de cette troisième génération de jeunes adultes à « la langue et culture italiennes ». Enfin nous nous sommes penchées sur la question centrale qui s’est dégagée de notre recherche : de quelle(s) langue(s) et de quelles(s) culture(s) s’agit-il selon l’interlocuteur qui témoigne ?
Faculty
Faculté des lettres et des sciences humaines
Language
  • French
Classification
Social sciences
Notes
  • Thèse en cotutelle
  • Bibliographie
License
License undefined
Open access status
gold
Identifiers
Persistent URL
https://folia.unifr.ch/unifr/documents/322655
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